signables dans l’exposition

PETITION 1:

Pour le rattachement de la Belgique au Congo

A tous, présents et à venir,
Aux Parlementaires et Sénateurs du Royaume de Belgique et de la République démocratique du Congo,
à SM Joseph Kabila,
à Monsieur le Président le Roi Albert II

• Puisque, depuis la création de l'État indépendant du Congo, c'est-à-dire depuis l'achat de ces vastes territoires (2,344,000 km2, septante-sept fois la Belgique) par le roi Léopold II à des puissances européennes, les deux pays n'ont jamais été indépendants ;
• Puisque les Belges ont toujours dépendu du Congo ;
• Puisque seul le Congo aurait pu légitimement proposer l'indépendance à la Belgique, qui l'aurait refusée ;
• Puisque, dès lors, l'indépendance accordée au Congo en 1960 était une imposture, une sorte de “lapsus politique”;
• Puisque, des deux « partenaires », un seul contribua, à son corps défendant, au développement de l'autre, à sa « civilisation », à son « progrès » : le Congo ;
• Puisque la richesse de l'un a toujours été la misère de l'autre, et l'inverse aussi d'ailleurs, et le contraire ;
• Pour qu'éclate enfin la vraie nature du lien et l'assumer,

Nous demandons

• que soit enfin reconnue notre congonité congénitale, héritée de notre mère à tous, la terre nourricière du Congo ;
• que la Belgique soit rattachée au Congo, l'une et l'autre fusionnant en un seul Etat transcontinental dont la métropole est africaine ;
• qu'une statue de Fabrice Lumumba soit érigée à la place des Martyrs, à Bruxelles ;
• que la Belgique devienne "Territoire d'outre-mer du Congo" ;
• que la nationalité congolaise soit accordée automatiquement à tous les Belges ;
• et le passeport européen à tous les Congolais ;
• que le siège des Institutions européennes soit déplacé à Kinshasa ;
• qu'à l'instar de la porte de Namur à Bruxelles, justement rebaptisée Matongé, le quartier de Kintambo (ou tout autre qu'on voudra) se nomme désormais Tervuren ;
• que Brazzaville soit rebaptisée Djoû-li Congo ;
• que le lingala devienne la seule langue officielle sur l'entièreté du territoire congolais, en ce compris celui constituant actuellement le royaume de Belgique ;
• que la Belgique devienne un «territoire à facilités», où le français et le néerlandais seraient tolérés et même usés, au sein de la République Royale et populaire du Congo ;
• que le lingala soit enseigné dans les écoles, devienne la langue de l'administration et des tribunaux ;
• que soient nationalisées toutes les richesses du sol (afin que les dividendes de la métropole parviennent encore djoû-dlà mer) et réexploitées sans délai les mines d'uranium de Shinkolowe ;
• que les adjudications de marchés publics (en matière d'armement et d'énergie surtout) soit préférentiellement et prioritairement nationaux ;
• que, que, que…

Back is Beautiful.

PETITION 2:

Pour une juste amputation de la Belgique

Pétition
pour une juste amputation de la Belgique,
moyennant des dédommagements
intellectuels, territoriaux et linguistiques
pour les Belges francophones,
à l’adresse du Ministre-Président de la Région flamande

Attendu que les Flamands de Belgique sont fatigués des Belges francophones et que l'inverse n'est pas vrai ;
Attendu que cette fatigue, toute compréhensible soit-elle, finit par humilier les francophones et attenter gravement à leur amour-propre ;
Attendu que se résigner au grignotage des piliers de la cohabitation dans l’espoir de sauver les meubles de la maison Belgique ouvre chaque fois la voie à une accélération de ce processus ;
Attendu que l’on ne peut se soustraire la tête haute à un chantage qu’en l’aggravant au détriment de son auteur ;

les Belges francophones signataires de la présente pétition
marquent leur accord
pour une amputation de la Belgique
à condition que :

1) les Belges francophones conservent la propriété intellectuelle sur le mot Belgique et ses produits dérivés;
2) la Belgique, une fois amputée, comprenne les actuelles Région Wallonne et Région Bruxelles-Capitale, ainsi que les 6 communes dites « à facilités » ;
3) les Flamands divorcent des francophones sans se payer de mots français, à savoir que :
* 6 mois après le prononcé du divorce, ils aient éradiqué tout mot français du nom de leurs restaurants, cafés, hôtels et autres établissements (1) ;
* 12 mois après le prononcé du divorce, ils aient éradiqué de leur vocabulaire les centaines de mots flamands empruntés tels quels au français (2);
* 18 mois après le prononcé du divorce, ils aient éradiqué de leur vocabulaire les milliers de mots flamands empruntés au français, puis flamandisés (3);
* 24 mois après le prononcé du divorce, ils aient flamandisé tous leurs patronymes d’origine française, comme le premier d’entre eux, Leterme, à rebaptiser Hetwoord, Devoltooiing ou Devervaldag, voire Deterp, au choix ;
4) l’équipe d’inspecteurs étrangers chargée de veiller à la pureté linguistique de la nouvelle frontière assortisse son contrôle d’un régime d’astreintes applicable à chaque contravention aux engagements repris au point 3) ci-dessus, astreintes qui seront proportionnelles au manque à gagner que représente pour les Belges francophones la sécession des Flamands ;
5) les francophones s’abstiennent, par solidarité, d’utiliser à dater du prononcé du divorce les 203 mots français d’origine néerlandaise (4).

(1) À commencer par restaurant, café, hotel et aussi accessoir, affinerie, affutage, agence, agronoom, ajusteur, ambulant, atelier, bijouterie, bureau, cabinet, carrosserie, chauffage, chauffeur, coiffeursalon, confiserie, depannage, departement, depot, energie, entrepot, exploitant, faience, fruit, garage, installateur, lingerie, machine, maquette, maquillage, massage, messagerie, mode, parfumerie, pedicure, praline, reservoir, sanitair, souvenir, taverne, traiteur…
(2) Comme abattoir, abat-jour, abject, abondance, abonnement, abri, abrupt, absent, accent, accident, accolade, accoucheur, accu, à charge, à corps perdu, acquisiteur, acquis, acquit, acteur, administrateur, adolescent, affaire, affiche, affront, à fond, agent, à gogo, agrégé, aide-mémoire, air, à la baisse, à la carte, à la page, à la rigueur, allemande, alliage, alliance, allure, amant de cœur, amateur, ambigu, amendement, ameublement, amorce, amortisseur, amplitude, amusant, analyse, annonce, annuel, anomalie…
(3) Comme abces, abonee, absolutie, abstractie, abusief, accelereren, acceptabel, accentueren, accepteren, access, acclimatiseren, accordeon, accrediteren, accumuleren, acquireren, acteren, actueel, adjectief, administratief, admissibel, adres, adopteren, adoreren, adsorberen, adouceren, aduleren, adult, aereren, agiteren, agressie, affabel, affectief, affoleren, agoniseren, agrement, aimabel, ajourneren, akkoord, akoestiek, akte, alarmeren, alcoholiseren, aleatoir, alert, allusief, alkoof, alloueren, alternatief, altercatie, altereren, amalgameren, ambetant, amnestie, amoureus, amputeren, anciënniteit, animaal, animositeit, annuleren, antedateren, antichambreren…
(4) Cela compliquera quelque peu la vie quotidienne de se passer d’accise, action (bourse), affaler, amarre(r), béguine, bière, blasé, bouquin, buse (tuyau), cabaret, cancrelat, cauchemar, crabe, démarrer, digue, dock, drogue, écroué, écran, étape, frelater, freluquet, friche, frisquet, gosse, gredin, grommeler, grouiller, lippe, loterie, mafflu, mannequin, maquereau (proxénète), maquerelle, mitraille, pamplemousse, paquet, plaquer, pompe, potassium, rate, reluquer, ripaille, ruban, tringle, vacarme, vidange, vase (boue), wagon et yacht. On ne mangera plus d’elbot mais, comme disent les Français, du flétan, et on préférera à orphie son synonyme bécassine de mer. Quatre autres poissons devront malheureusement quitter la table francophone (bar, églefin, flet et sandre). En revanche, on se passera sans mal des 145 autres mots, qu’ils appartiennent au vocabulaire de la marine (accore, cague, cartahu, dogre, faseyer, gabord, hiloire, jaumière, orin, pinque, ralingue, starie, tangon…) ou pas (aurique, bleime, crèque, escalin, faubert, galimafrée, hie, kraal, lusin, nable, ploc, raban, risberme, suricate, troussequin, wagage…). Il va sans dire, les Belges francophones se sépareront aussi à regret des quelques belgicismes d’origine flamande (brol, crolle, kot…) au profit de leurs équivalents moins savoureux (bric-à-brac, boucle, chambre d’étudiant…).